AU COIN DU FEU, REINVENTE

OÙ SONT PASSÉS NOS BACS À SABLE?

bulles dans le vent

Photos de Véronica Kei-Unsplash

 

Aujourd’hui j’avais envie de te raconter une histoire, une histoire de jeux.

Tu vois, je vais te faire une confidence, je n’ai pas beaucoup de souvenirs de quand j’étais petite, je t’avoue que c’est assez frustrant parce que c’est comme si une partie de moi manquait.

Par contre, il y a une chose dont je me rappelle assez clairement, c’est ceux à quoi j’aimais jouer; j’ai des images très claires de certains moments.

Une des choses que je faisais le plus souvent, c’était me raconter des histoires.
Vers l’âge de 7-8ans, pendant que mes parents regardaient la télé (hé oui c’était une grande habitude à cette époque), je m’installais devant ma cheminée et je sortais tous mes jouets.
Tu vois devant la cheminée, ça faisait des sortes de ligne, alors je sortais toutes mes tortues (c’était les cadeaux des kinder surprises et elles avaient toutes une expression différente), je sortais mes voitures et en avant Guingamp, mes parents avaient la paix pendant 2h.
Je me souviens installer minutieusement mes voitures, les faire rouler dans les lignes, faire monter les tortues dedans et pouvoir rester des heures à rien dire, juste à me raconter des histoires dans ma tête.

Je faisais exactement le même jeu sur ma terrasse; il y avait aussi des lignes en béton qui séparaient les pierres entre elle et là c’était encore plus grand.
Chaque pierre avait son rôle :  là on disait que c’était l’école, là on disait que c’était ma maison, là on disait que c’était la route.

Je me souviens vivre tout un univers en permanence dans ma tête, à me raconter des histoires, à m’inventer des vies, c’était la chose que je faisais le plus souvent sinon je m’ennuyais beaucoup.

Un jour, ma mère qui était en train de faire le jardin, était en train d’arracher les mauvaises herbes et d’arracher les pelures de certains légumes, ni une ni deux, je me suis installée, j’ai pris toutes les pelures et je l’ai ai installé sur une table, j’étais à présent reconvertie en fermière au marché en train de me croire à la foire du village.

En écrivant cette article, je me rends compte que cette histoire d’histoire ne m’a jamais quitté.

Quand j’ai commencé à grandir (est je grandi un jour? Mmm, bonne question), j’aimais relire les même livres que j’avais dans ma chambre : toutes la collection au complet des livres de Disney, des livres de contes, j’écoutais aussi un radio cassette trop tendance avec plein d’histoires et le livre qui allait avec,  j’adorais et du coup, je connaissais les histoires par cœur.
Petit à petit au fil des années, je suis passée par les histoires du petit Nicolas, où le nom de Clotaire me faisait énormément rire, par les histoires de chair de poule pour enfin passer aux histoires à la radio.
Quand j’étais ado, le soir dans ma chambre, j’écoutais Nrj, fun radio, à la belle époque de ces radios là et y’avait tout un tas de gens qui témoignais de leur vie où qui posaient des questions sur le couple ou la vie en général et ça me plaisait beaucoup.

L’imagination a baigné mon enfance, je me suis créée un monde intérieur foisonnant et même si à ce moment là je ne savais pas que tout cela existait en moi, maintenant, je sais qu’il était bel et bien réel.

SAUF que.. quand tu es une enfant qui aime imaginer, rêver, flâner, se réfugier dans son monde intérieur, le retour à la réalité est plutôt rude  avec les impacts de tout cela bien des années plus tard.

Et tu sais pourquoi? Je n’avais pas les outils pour me connaitre, j‘étais  la p’tite orélie (mais pas dans le sens que moi, j’ai choisi pour mes créations ahahah).
Pour te faire le tableau, c’était la p’tite orélie qui garde tout pour elle, qui ne dis rien, qui se renferme, qui a des choses à régler, qui est introvertie. Oh lala mais elle doit avoir un problème non à pas trop parler non?

Et tu sais quoi, je vais pas te mentir, je l’ai cru pendant toutes ces années; pendant toutes ces années, j’ai cru qu’il ne fallait pas que je sois curieuse, qu’il fallait que je sois extravertie alors je me faisais chier royal avec les gens, qu’il fallait que je sois comme ci ou comme ça, que j’avais un problème et que j’avais un truc à régler.
Sauf que moi, le seule truc que je voulais, c’était qu’on me laisse tranquille, qu’on ne me fasse pas de remarque sur comment j’étais, j’avais envie d’être seule dans ma chambre avec mes livres et mes polly pockets. lol. oui j’avoue j’étais fan.

Et tu sais là où j’étais la plus moi, la plus vrai? C’était avec les gens qui me comprenait, qui comprenait mon monde, qui avait le même que le mien, c’était mes amies et là je pouvais être pleinement moi.

Pendant toutes ces années, les gens faisaient ce qu’ils pouvaient mais moi ce dont j’avais besoin c’était d’écoute, de compréhension, de Aurélie, mon enfant: mais dis dont tu es magnifique comme tu es (avoue que ça détends quand quelqu’un te dis ça ou quand tu te le dis à toi même).

Je n’avais pas de problème, j’avais besoin juste d’un peu de confiance pour être moi même, de bienveillance et de sentir ma place.

Et il y a 4 ans quand j’ai rencontré la communication non violente, je n’ai plus cru à cette histoire de problème dont parlais les grandes personnes à cette époque; j’ai découvert que je m’étais oubliée, que j’avais dérivé au bon gré de ce que les gens disaient sur moi.

Sauf que : Qui était en train d’être dans mon corps pendant toutes ces années? He ben personne, je n’étais plus vraiment là.

Avec la communication non violente, j’ai enfin pu me dire que je pouvais m’autoriser à être moi même et que c’était ok.
Parce que j’ai cru des gens qui faisaient de leur mieux en croyant dire les bonnes affaires, parce que j’ai cru des gens qui avaient envie de prendre soin sauf que ça faisait tout le contraire, parce que j’ai cru des gens qui ne savaient pas ce qu’ils disaient.

Mon enfant intérieur en a pris un coup et il s’est refermé, et chaque jour qui passe aujourd’hui, je fais de mon mieux pour essayer de l’écouter, je le sens un peu, j’entends sa douce légèreté, son insouciance de la vie et mon objectif est de lui laisser encore plus de place.
Et maintenant, je sais que j’ai des outils à ma disposition qui m’aident à m’honorer et m’apporter cette valeur.

Tout ça pour te dire que l’autre jour, il s’est exprimé : il est passé devant un parc (mon enfant intérieur hein) et il a dit la phrase suivante en toute légèreté?

Mais ils sont où les bacs à sable pour les grandes personnes?

Et je l’ai reconnu, ça m’est resté dans un coin de ma tête et je me suis dit mais c’est vrai ça, ils sont où nos jeux d’histoires devant la cheminée, ils sont où nos toboggans et nos balançoires, où sont nos jeux de trottinette dans la rue avec le voisin d’en face.

Je crois qu’on a perdu en légèreté et gagné en sérieux.

Alors qu’en fait, je sais pas toi mais moi au fond dans tout ce que je fais, je cherche à me détendre le slip, je cherche la sérénité, la légèreté, c’est pas ça qu’on veut en fait?

Mais pourquoi toute cette surface alors? Pourquoi toutes ces réunions aux airs sérieux qui ne font rien avancer?

Moi j’ai plutôt envie de me marrer, de redécorer les hôpitaux, de colorer nos rues, d’installer des peintures ici et là, de dessiner n’importe où, d’écrire ce qui nous chante.

Je veux remettre de la vie, je crois que ça me manque parfois et que si je suis moins attentive la vie en moi reprends son sérieux.

Alors qu’en fait au fond de moi, de nous, une enfant attend de s’exprimer, de lancer du sable, de jouer au bille, de partager sa vision du monde bien à elle qui réinvente l’ordre pré établi.

Je crois que les adultes n’existent pas, il n’y a que des enfants qui ont grandi à travers le corps mais cette légèreté de l’enfance est toujours là en chacun de nous, elle est où la tienne?

Qu’attendons nous pour l’exprimer? Mon blog c’est un peu mon bac à sable et ce n’est pas pour rien que j’ai choisi le nom de la p’tite orélie pour mes créations car j’ai envie de partager cette ambiance, cette vision du monde.

Reprendre contact avec son enfant intérieur ne demande pas des grandes choses: des p’tits moments, un petit mot dans ton carnet, un livre préféré, une sortie aux jeux gonflables, d’ailleurs j’ai trop envie d’essayer, tu sais ceux qui sont dans l’eau, si jamais tu sais où il y en a, dis moi, on peut s’organiser une sortie.

 

et toi c’est quoi ton bac à sable rien qu’à toi? N’hésites pas à me l’écrire, ça peut m’inspirer.