REINVENTE

Lancement du Court métrage ‘Une vie riche’ : Vers l’essentiel de la vie

Je reviens d’un périple, d’une aventure de 4 mois… 4 mois d’hibernation…4 mois de sortie de zone de confort en réalisant mon tout 1er court métrage (15min) ‘Une vie riche’ qui symbolisait la fin de ma session en technique de réalisation de films documentaire à Rivière du Loup.
Ce film est une invitation à explorer des formes de résiliences humaines, j’ai choisi d’aller à la rencontre de Québécois qui ont choisi de repenser leur mode de vie et qui ont fait le choix de ralentir.

 

Quelle aventure, que de rencontres…

Au départ, mon élan était de réaliser un film sur l’habitat minimaliste au Québec et d’aller à la rencontre de gens qui avaient fait le choix de vivre dans plus petit! j’ai découvert les Tiny house et c’est devenu toute une curiosité pour moi.
Et puis au fil du temps, mon sujet a évolué et moi j’ai évolué avec lui.
Aller à la rencontre de gens que tu ne connais pas pour réaliser un film n’est pas chose aisée, en tout cas pour moi, ça m’a demandé beaucoup de courage! Par ou commencer? Comment être sure que les personnes que tu rencontres vont être emballé et inspiré à l’idée de participer à ton projet! j’avoue que ça été la partie la plus difficile, faire des recherches.
Je n’aime pas faire des recherches, j’aime le spontané, le moment inattendu, j’aime quand c’est lent, qu’on prend le temps et là le défi était de trouver des personnes inspirantes, inspirées et commencer le tournage car le film devait être prêt pour le mois de mai 2019.
Au fil des groupes facebook, du soutien des amis, j’ai fait des belles rencontres, je me suis déplacée, j’ai rencontré des gens puis d’autres, j’ai réfléchi, j’ai noté, j’ai eu des questions, j’ai douté et j’ai suivi mon intuition.

Quand j’ai rencontré Rémy, un des personnages du film, tout un monde du vivre Off the grid au Québec s’est ouvert à moi! Faire le choix de vivre en micro maison sans être relié au réseau d’électricité du pays, ça m’a vraiment inspiré ; tant bien que mal ses coordonnées gps m’ont servi de guide pour me rendre jusqu’à chez lui!
Chez lui, pas de stress, tu arrives quand tu arrives et tu fais comme à la maison, aucun bruit, aucune pression, juste le calme et la sérénité de l’endroit! Il a osé m’ouvrir grand les bras dans son univers en voulant partager au plus grand nombre son mode de vie!
Même si Rémy a fait le choix de vivre seul dans la forêt, il est ouvert sur le monde et a envie de faire participer le monde a son projet.
En février/mars au Québec, il peut faire trés froid, cela peut être vraiment tout un défi de filmer par -30, la chance m’a tellement souri, à chaque tournage chez lui, la température ne descendait pas en dessous de -5!

Au fur et à mesure de mes questionnements, j’ai réalisé que ce que je voulais vraiment c’était casser les clichés, montrer qu’il est possible de vivre avec moins pas seulement en mini maison mais en ville.
Je suis donc partie en quête d’une famille déja sensibilisé et ayant fait le choix radical de vivre autrement avec moins de choses!
Je suivais déjà le blog de Véronique et je l’ai contacté! Véronique, Hubert et leur 2 enfants Romance Léandre m’ont ouvert les portes de leur maison, de leur rythme simple, minimaliste qu’ils vivent depuis 2 ans! Avec 2 enfants en bas âges, ils ont fait le choix de revenir à l’essentiel et ça je me suis dit ça casse bien les codes!
Combien de fois, ai je entendu des gens dirent ‘Mais non tu ne peux pas vivre avec moins de déchets quand t’as des enfants, ou ‘mais c’est trop cher d’acheter en vrac’, bref autant de chose que j’ai tellement remise en question au travers de ces rencontres!

Pourquoi te compliquer la life quand tu peux faire simple, j’ai choisi de tourner en mode minimaliste, sans perche (que je trouve qui met une distance avec la personne), avec un micro, un micro cravate, un seul objectif et un enregistreur!

Je suis rentrée chez moi avec ma caméra pleine de ces rencontres et c’est là que l’aventure a vraiment commencé! Comment réduire 11h de tournage pour en faire 15 min? Quoi couper? Quoi choisir? bref la merde quoi!
Chaque jour tu rentres chez toi et tu te remets à la tâche chez toi devant ton écran! tu remets ton ouvrage sur la table.
Il n’y a rien d’acquis, ce n’est pas parce que tu avais construit ton histoire d’une telle manière que tu ne peux pas la déconstruire, tout bouge, tout est possible, tout est mouvement.

Les petites phrases de mon tuteur et professeur Martin Matte sont arrivées au bon moment : Suis ton intuition, reste maître de ton film et reviens à ton questionnement de départ!
Comme je le disais : La vie est simple en fait.

Réaliser un court métrage, c’est faire des deuils, c’est revenir à l’essence de ce que tu voulais dire, c’est créer une architecture minimaliste simple  à l’image du mode de vie de mes personnages.
De A à Z, de la technique au rencontre, ce film questionne le simple, le moins, le lent, l’espace…une invitation à faire une pause dans ces choix de vie ; dans une vie qui nous accapare, ou la productivité, l’argent et la compétition sont au centre de notre économie mondiale.

Et le pire dans tout ça c’est qu’au fond je ne crois pas que le sujet central de mon film soit le minimalisme, au fond ce que je questionne avant tout c’est la conscience..le lien..la connexion.. Bref, une remise en question globale de nos modes de vie est à venir selon moi…

Si je ne dois retenir que 3 choses de cette expérience :

  • Ton intuition est ta première meilleure amie
  • Entoure toi de personnes qui te font te questionner sur ton projet plutôt que ceux qui te donnent des conseils un peu pourris.
  • Aligne chaque décision à qui tu es en prenant conscience de ton rythme, de comment tu veux le faire et avec qui!

Pour en juger par toi même, je te laisse venir voir le film (des dates de projection sont à venir sous peu).

Je remercie vraiment toutes les personnes qui m’ont soutenues dans ce projet et qui m’ont aidé dans la réalisation de ce film :
Rémy Prat, Véronique Ciarla et Hubert côté par leur bienveillance et partage, Guillaume Pons mon soutien quotidien, Émilie Bernal Julien pour son aide au son, Julien Dumont-Boudrias pour le mixage sonore, Martin Matte pour ses conseils précieux de tuteur, Claire pour avoir dessiné l’affiche de mon film et les professeurs à la technique qui m’ont encouragé (Stephen Carmichael, François Gamache..)