INSPIRE, OSER RÉINVENTER SA VIE, RENCONTRES AU COIN DU FEU

BÉNÉDICTE, LE COURAGE DE SUIVRE SES ÉLANS

 

 

Aujourd’hui je te présente une réinventeuse, Benédicte. C’est la créatrice derriére le Bigorno piquant. J’ai découvert son univers il y a quelques mois ; mon intuition m’a guidé au bon endroit et j’ai été totalement inspirée : Des créations colorées, des tissus certifiés sans pesticides oekotex, son mode de vie dans la simplicité aligné avec ses valeurs et le tout avec beaucoup de bienveillance! j’ai adoré et j’ai eu envie d’en savoir plus, d’aller à sa rencontre et de partager un bout de son histoire et de son chaleureux univers. Elle a choisi de vivre au plus proche de ses valeurs que ce soit dans son entreprise ou dans sa vie et de se réinventer. 
Ce qui m’a beaucoup inspiré dans notre échange c’est cette idée d’écouter son corps, ses signaux, de suivre son enthousiasme et de faire de son activité le prolongement de sa vie et des valeurs qu’on a envie de partager au monde.
Alors je me dis que si toi aussi tu as envie de te lancer, de quitter ton job dans lequel tu ne te reconnais plus ou que tu as plein d’idées mais tu n’oses pas vraiment alors cette rencontre va te plaire.

 

Qu’est ce qui t’as poussé à te lancer dans la couture et à créer « Le bigorno piquant »?

J’ai commencé il y a 4 ans, j’avais mon métier de journaliste qui ne me satisfaisait plus et en parallèle je m’étais mise à faire de la couture ; c’est venu un peu comme ça, j’avais envie de faire mes propres vêtements et ceux de mes enfants, dans une mouvance un peu écolo et de faire soi même.
Donc, j’ai commencé à faire des créations comme des petites trousses, carnets, des choses pratiques et mes amies me disaient « mais tu devrais en vendre », donc je me suis lancée tout en travaillant à coté.
J’ai été journaliste dans un grand quotidien régional pendant 23 ans avec beaucoup d’avantages et une sécurité d’emploi. Sauf qu’on nous demandait de produire toujours plus, et la rapidité prenait le pas sur la qualité et j’ai fini par faire un burn out.
Ça faisait 5 ans que je ne me retrouvais plus dans mon boulot, en y allant à reculons tous les jours, j’avais l’impression d’être en prison, j’y allais juste pour gagner ma vie.
Pendant ces années là, ça a été progressif, je rêvais de partir dans la nature, de m’échapper; puis il y a deux ans, le corps a parlé, j’ai eu un premier signal d’alerte en faisant une paralysie puis un deuxième signal en tombant dans le coma 8 mois après ; j’étais au bord d’y passer et ça a pris du temps avant de m’en remettre.

Quand je suis sortie de réanimation, je me suis dis que la vie me donnait une seconde chance et que je n’avais pas envie de la gâcher.
Le burn out a été une chance pour moi car je m’en suis sortie, je ne pouvais plus me mentir à moi même.
La couture m’apportait ce qui me correspondait et j’ai fini par choisir ma voie.

J’ai 49 ans et je viens de cette génération qui avait la croyance d’un métier pour la vie, tu rentres dans une entreprise et tu n’en sors pas avant ta retraite, aujourd’hui c’est différent.

Maintenant je m’éclate et j’ai trouvé le vrai sens de ma vie.

 

Peux tu nous parler de ton univers, du message que tu veux transmettre?

Au moment de mon burn out, j’ai eu envie de faire le tri dans toute ma vie, faire un grand ménage ; une envie de me désencombrer de ma vie passée en faisant le tri de mes meubles, des objets..

Repartir sur une nouvelle base et reprendre tout à zéro en enlevant tout ce qui est jetable et commencer à faire des choses réutilisables, des essuies tout lavables, des lingettes, des éponges.
En changeant et en trouvant une façon de vivre qui me correspond mieux, aujourd’hui je décide de ce que j’ai envie de créer et de ce que je veux.

Avant mon burn out, j’avais lu un article de Béa Johnson qui disait que sa poubelle tenait dans un bocal et j’avais trouvé ça fabuleux, puis par la suite, j’ai découvert son livre sur le zéro déchet.
Et du coup, j’ai commencé à réfléchir; j’avais déjà des poules, un potager et je voulais aussi continuer à réduire mes déchets pour moins consommer.

J’ai essayé de faire en sorte que mon projet « le bigorno piquant » soit aligné sur ma façon de vivre, que ça soit homogène partout et également dans le choix des tissus.
Au début, j’ai eu du mal à trouver des tissus écolo à des prix abordables, j’ai choisi finalement de me tourner vers des tissus certifiés oekotex. C’est un certificat international qui garantie le respect des conditions de travail des êtres humains, les tissus sont traçables et sans pesticides.
C’est important pour moi de savoir d’où vient les produits que j’utilise.

J’achète aussi des vieux draps des années 70 dans « les foires à tout » et je les réutilise.

 

Comment nourris tu ton inspiration ?

J’adore les années 70 car je suis née dans ces années là, ça me rappelle des souvenirs donc j’ai pas mal de tissus hyper vintage. J’adore aussi faire les brocantes, j’ai trouvé récemment deux vestiaires métalliques d’usine et ça me permet de donner une nouvelle vie à des choses qui étaient destinées pour être jeté.
Je suis aussi inspirée par le Japon car ma fille en est passionnée et c’est d’ailleurs comme ça que j’ai découvert le principe des Tawashis (les éponges lavables).


J’avais lu aussi tous les livres de Dominique Loreau et de Marie Kondo par rapport au désencombrement; Ça m’a permise de trouver une vraie méthode pour m’organiser surtout quand tu accumules des affaires pendant 30ans. Tout cela vient du japon car là bas le minimalisme est inscrit dans la culture.
J’aime aussi beaucoup les tissus japonais parce qu’ils sont simples et sans fioritures.

 

Où trouves tu du soutien dans ce que tu fais?

C’est avant tout dans les rencontres que je fais et grâce à ça, des opportunités et des partenariats s’ouvrent aussi. Cet été, j’ai fait les marchés de créateurs, je rencontre les gens, je teste ce qui fonctionne ou pas et je choisie des lieux qui me conviennent, comme le marché de Bayeux où il y a seulement des artisans; ça m’apporte des idées et on collabore ensemble.

Dés le mois de septembre, je pense aussi développer mon réseau de boutiques et d’ateliers ponctuels en lien avec le zéro déchet en sensibilisant les gens.

À partir du moment où tu crois en ton projet et où tu vas dans le bon sens de ta vie, je pense que tout arrive, tout s’articule, s’organise et t’incites les gens à te suivre.

 

As tu des conseils pour consommer de façon plus responsable et avec moins d’emballage?

J’habite à côté de Caen et il y a de plus en plus d’initiatives vrac un peu partout qui se crée dans le nord.
Je réutilise tous mes bocaux en verre en les utilisant comme d’anciens tupperware; j’ai des bocaux partout dans la maison.
Quand je vais à la maison du vrac, j’y vais avec 4 ou 5 bocaux de tailles différentes et des bouteilles en verre de type limonade.
Aussi, j’essaie d’éviter tout ce qui est plastique et quand j’achète des haricots dans un bocal en verre, je réutilise ensuite le bocal.
En fait, quand j’achète je pense déjà à ce que je vais faire de l’emballage du produit, comme dit Béa Johnson : penser déjà à comment réutiliser avant d’acheter.

 

Et puis, comme il y a quand même pas mal de légumes emballés dans le commerce, je suis dans une Amap, avec un maraîcher bio qui propose des paniers que l’on compose nous même et il n’y a pas d’emballage.

 

C’est quoi réinventer pour toi?
Pour moi réinventer signifie : réinventer le monde que tu voudrais laisser pour tes enfants.
J’aime beaucoup  le film wall E qui parlait déjà de ce sujet là.

 

Une ambiance qui t’inspires?
C’est surtout la nature qui m’inspire. Je marche et je fais beaucoup de vélo et c’est là où je trouve le plus mon inspiration.

 

 

Une rencontre ?
La principale rencontre qui m’a fait changé c’est ma rencontre avec la mort, je l’ai quand même vu de prés. Je trouve que c’est plutôt positif parce que ça été un déclencheur pour moi.
À partir de ce moment là,  je me suis dit faisons en sorte de la rencontrer le plus tard possible, en vivant le mieux possible ;  c’est cette rencontre là qui m’a fait apprécier encore mieux la vie.

Toucher le fond pour mieux repartir.

 

Un rêve?
Quand je me suis lancée, j’avais un bocal où j’avais écrit dessus « nouvelle vie » ; j’ai commencé à mettre tout l’argent que je gagnais avec mes créations pour me permettre d’y croire et me dire c’est possible de le faire.
Aujourd’hui, ma nouvelle vie, je la vis tous les jours et je n’ai plus de rêve inaccessible ; mon rêve serait de convaincre tout le monde qu’il faut protéger cette planète et que tout le monde s’y mette aussi.

 

Des conseils ?
Se connaître et croire en soi. En fait, à partir du moment où tu te connais et où tu fais des choses alignées dans ta vie, tout arrive.
L’important c’est d’être en cohérence avec ce que tu aies, ce que tu veux, ce que tu fais et c’est déjà beaucoup.

Aujourd’hui, je peux dire que je me sens à ma place dans l’univers.

 

Pour découvrir ses jolies créations et suivre ses aventures c’est par ici :

Et si tu es en France tu peux la retrouver tous les jeudis soir au marché de Bayeux  jusqu’au 30 aout.

 

Quelques lectures pour continuer de s’inspirer :

  • Béa Jonhson, zéro déchet
  • Dominique Loreau, Faire le ménage chez soi, faire le ménage en soi et L’Eloge de la légèreté, jeter l’inutile pour vivre plus libre
  • Marie Kondo, La magie du rangement

 

Merci Bénédicte pour cet échange super nourrissant et le partage de tes photos, ça m’inspire à mettre encore plus en avant des personnes pleine d’authenticité qui choisissent de créer une activité qui soit le prolongement de leur vie ! Mille merci ça m’apporte tellement de possibles pour créer de l’entreprenariat plus humain.

 

Dis moi en commentaire ce que cet article t’as inspiré?

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