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4 JOURS À VÉLO AU QUEBEC : ENTRE LE PARC DU MONT ORFORD ET LE PARC DE LA YAMASKA

piste cyclable au quebec entre saint jean et bromont monteregiade

 

Hello cher ami, je reviens ici te partager et t’immerger dans mon premier voyage à vélo au Québec.

En août 2017, j’étais en pause d’emploi et ça faisait longtemps que l’idée de partir voyager seule et d’expérimenter ce fameux voyage en vélo était présente.

Alors un peu sur un coup de tête, au départ, je me suis lancée : Et si je partais faire Montréal-Boston en vélo toute seule et dans trois semaines? Cette idée m’a donné une grande énergie et j’étais super motivée à me préparer pour ce voyage (enfin me préparer mentalement et juste un peu physiquement).

Bref, en plus, ça tombait bien j’avais bien besoin de défi, de liberté, d’être tranquillou à organiser mon petit voyage, à sortir de mes repères et de ma zone de confort, à faire du vélo, contempler et y aller à mon rythme.
Je voulais aussi voyager avec pas grand chose, faire avec ce que j’avais, me débrouiller et ne pas trop dépenser dans du matériel et me montrer que tout est possible.

Finalement, mon idée s’est transformée, j’avais avant tout besoin de calme, de prendre le temps alors je me suis dit: et si finalement je partais faire Montréal-Portland, (je précise Portland dans le Maine) : Ah ben oué, en plus il y a la mer, et ça me fait un bel objectif, de mettre les pieds dans l’eau, je m’y voyais déjà : je vous fais le plan, moi sur le sable avec mon vélo, toute fière d’avoir pédaler pendant une semaine, une bonne bouffée d’iode et un coucher de soleil en fond.

Ce qui est génial, c’est qu’au final rien ne s’est passée comme je l’avais prévu, je suis donc partie faire une boucle pendant 4 jours de Saint jean sur Richelieu (à 50km de Montréal) en passant par Bromont, Eastman, le parc du Mont Orford, le parc de la yamaska et retour à Saint Jean.

Avec 240 km au compteur, environ 60km par jour et peu de préparation, j’étais super fière de moi, du coup tout le monde peut le faire.

 

photo de moi, velo piste cyclable yamaska

C’est parti pour le pédalage!

 

Allez je vous fais le bilan de ce voyage inattendu et remplis d’étapes magnifiques.
Voici d’abord un aperçu de mon itinéraire final, il est possible de faire tout ce trajet seulement sur  la piste cyclable, ce que j’ai fait sauf entre Waterloo et Orford, où, j’ai emprunté la route 112.

 

itineraire google map a vélo au quebec

Mon beau parcours = 240 km

 

Une semaine avant le départ : Bon ben l’idée avait pris forme et c’était parti, je précise qu’à part des déplacements à Montréal, je n’avais jamais fait 60 km par jour en vélo, je m’étais arrêtée à 30km il y avait déjà pas mal d’années de cela.
Ma seule préparation pour ce voyage a été de pédaler pendant une journée en faisant Montréal-Saint Jean sur Richelieu par les pistes cyclables et le canal de Chambly, cela compte 55km.

Je voulais quand même voir si j’étais capable de faire plus de 50km, j’ai réussi à les faire même si les 500 derniers mètres m’ont paru une éternité.

Du coup mon organisation était lancé et une semaine plus tard, youhouuu, j’allais m’élançais sur les routes direction Bromont pour la première étape.

 

1er jour : A moi la liberté

 

Mon objectif : Saint jean sur Richelieu-Bromont en passant par Granby : 64 km (J’ai vu un peu gros je pense, à l’aise la fille).

Ça y est, j’y suis, guillaume vient de m’emmener à Saint jean, je vais suivre la piste cyclable (La montérégiade) jusqu’à Bromont où je vais passée la nuit chez Walt, un hôte que j’ai contacté via le site warmshower.

J’ai commencé à pédaler vers 13h, sur cette belle piste toute droite qui traverse de nombreux champs, je me sens à la fois légère, libre et à la fois j’appréhende de faire tous ces kilomètres sans arriver trop tard à Bromont.

C’est une belle et chaude journée de mois d’août ; ce qui est génial, c’est qu’à vélo, les moustiques vont plus vite et ils n’ont pas le temps de s’arrêter sur moi.

Il y a aussi tout au long de la piste, pas mal de halte, je fais quelques arrêts, ici et la, je pense à boire, j’ai pris aussi quelques boules d’énergie pour tenir le coup.

 

Piste cyclable vers Granby monteregiade

Vers Granby

 

Je suis vraiment heureuse de partir, de tout le voyage, je croiserais seulement deux personnes faisant du cyclotourisme sur plusieurs jours.
Il n’y a pas grand monde sur la piste, je profite du calme, des papillons qui volent dans tous les sens, j’ai le temps, je peux m’arrêter quand je veux et c’est trop cooool.

Je n’ai pas grand chose à penser, ma seule tâche en fait est d’y aller un coup de pédale à la fois, et c’est ça qui me motive.

Je me rends compte que mon vélo est quand même lourd, je pense que j’ai pris trop de nourriture mais bon ça devrait le faire.

Dés que je passe Granby, j’en suis déjà a 50km, mes genoux commence à bouder et mon corps ne veut plus trop avancer, je sens que cette première journée est intense, je ne prends pas non plus tellement de pause pour éviter d’arriver vers 23h.

Ce qui rends cela agréable aussi c’est les endroits assez insolites que je rencontre au beau milieu de nulle part : « Allez un petit apéro dans mon salon en plein air ? » C’est pratique car tu peux t’occuper de ton champs et boire un petit apéro, c’est génial.

 

piste cyclable canapé champs

Comment réinventer son salon


Et les derniers kilomètres sont vraiment difficile, à quelques rues d’arriver, je m’égare dans une zone industrielle, le Gps est un peu fatiguée aussi , je finirais les quelques mètres qu’ils me restent, à pied, pour me rendre chez Walt, exténuée mais tellement heureuse de pouvoir enfin me reposer.

Son chien, un grand danois m’accueille avec joie et je m’assoie sur la balancelle pour faire connaissance avec Walt, il m’accueille les bras ouverts et me prépare un super souper.
Je dors dans un petit camper van bien trop mignon, j’ai tout mon espace, et je ressens une grande fierté d’avoir réussi cette première journée, je charge mes appareils et je profite de ce repos magique.

Jusqu’à Granby, de nombreux champs bordent la piste, par la suite, il y a de plus en plus de forêt et la région devient plus montagneuse ; dés que j’arrive vers Bromont, les paysages sont vraiment magnifiques.

 

2éme jour : La forêt m’attends, direction le parc du Mont Orford

 

L’orage me guette mais je vais réussir à passer entre les gouttes, Walt me fait découvrir son petit déjeuner favoris : un gros bol de gruau bien garnis de bleuets et c’est super réconfortant pour traverser les 60km qui m’attendent jusqu’au Mont Orford.
Walt me fait découvrir sa collection de vélo couché, il a fait de nombreux voyages et il a même un vélo couché fermé pour pédaler l’hiver.

J’attends un peu que la pluie se calme, et je repars bien fraiche en reprenant la suite de la piste cyclable, le chemin est bien indiqué, heureusement aussi que j’ai le gps sur le téléphone.

 

piste cyclabble l'estriade waterloo quebec

Un petit coin bien vert à Waterloo

 

A la sortie de Bromont, je rencontre une dame qui est curieuse de mon équipement; elle vient chaque année visiter chacun de ses cousins en vélo dans la région, elle me parle de ses aventures et on fait un bout de chemin ensemble jusqu’à Waterloo.
Le voyage à vélo favorise la rencontre, elle se fait naturellement, ça attire la curiosité et on se sent tout de suite plus proche des cyclistes.

Aprés 20km, j’arrive à Waterloo et je fais une petite pause, magnifique village.
L’estriade, la piste cyclable à cet endroit est une ancienne voie de chemin de fer, d’ailleurs une vieille locomotive transformée en musée est installée à l’entrée du village et sert aussi de halte aux cyclistes.

 

Lac de waterloo vue sur le lac depuis la piste cyclable

Lac de Waterloo

 

La piste est tellement agréable, je passe dans des petits hameaux au milieu de maisons isolées ; au fur et à mesure je descends et je monte,  des petites côtes apparaissent,  je suis obligée de pousser le vélo et je me rends compte qu’il est assez lourd.

Au lieu de continuer sur la piste cyclable qui devient plus « montagnarde », c’est son nom d’ailleurs,  j’ai décidé d’écouter Walt qui me disait de prendre la route normale la 112.

Il n’y a pas beaucoup de voitures, c’est plutôt vallonné sans être escarpé, je m’arrête une nouvelle fois pour pousser le vélo; en même temps, j’observe ces voitures qui vont si vite et je vois la chance que j’ai d’avoir du temps pour observer le paysage, ce petit papillon, cette odeur, cette fleur; le rythme est plus lent.

Par moment, je les envie les automobilistes, avec cette rapidité moins fatigante qui me dépasse.

Bref, du coup, je reviens à mes coups de pédale et un après l’autre, je finis par y arriver.

Je traverse le village d’Eastman, ah oui il faut que je vous parle du paysage : incroyable, le Mont Orford commence à se dessiner tranquillement et je m’imagine profiter à mon arrivée. L’orage n’est pas loin, je n’y pensais plus d’ailleurs.

 

lac orford parc du mont orford

vue sur le Lac Orford

 

La direction du parc n’est pas bien indiqué, je suis la route verte mais je ne suis pas sure de moi, mon gps est fatigué, je demande mon chemin, finalement je ne suis pas perdue, l’arrivée au parc que je pensais proche et bien plus loin. Cela me paraît interminable.

Dés mon arrivée au parc,  j’ai  envie de crier ma joie, d’embrasser le gars à l’accueil et ouvrir le champagne. Bon en vrai, j’étais soulagée qu’ il reste de la place au camping (j’avais un peu peur car on ne peut pas réserver les emplacements spécial cyclistes à l’avance).
Et puis j’ai failli verser une larme quand à la fin il m’a dit : « par contre, il te reste encore 5km avant d’arriver au camping ».lol.

L’orage approche vraiment beaucoup, je décide de tout donner pour y arriver avant lui.
La route monte et descend, je m’accroche, je pense à ma tente, à mon repas, à la douche, mon niveau d’espoir est maintenu, je suis sauvée quoi.

Arrivée sur place, je commence à monter ma tente, toute fière, sous la pluie (l’orage m’a légèrement devancé), oui je l’avoue.

Nouveau rebondissement : les gardes parcs viennent me voir et me disent que finalement on ne m’a pas indiqué  le bon endroit de camping pour les cyclistes. J’ai encore envie de verser une larme.

Tout s’arrange, le temps de laisser passer la grosse pluie ; avec compassion, ils viennent m’aider avec leur pick up à déplacer ma tente.
Je peux enfin profiter de l’essentiel : me doucher, manger et m’allonger pour me reposer.

Je n’ai jamais autant profiter de la douceur et du réconfort de ces essentiels que dans ces moments là, j’étais tranquille et tellement heureuse d’être arrivé.

Le camping bienvenue aux cyclistes est quand même grand, il est situé prés de tous les services, d’un abri communautaire et des douches, il y a même un support à vélo mais il est quand même situé à 5km de l’accueil du parc.

 

camping cyliste parc du mont orford tente table de camping

A l’abri pendant la tempête

 

C’est après cette journée que je remets en question ma poursuite du trajet jusqu’à Portland, je ne me sens pas de passer les régions plus montagneuses des états unis, beaucoup de kilomètres m’attendent et je ne me sens pas assez préparé.

Je sens que j’ai envie de prendre ça sereinement et ce n’est pas grave si je ne vais pas au bout, finalement l’important n’est il pas de s’écouter?

Je réfléchis à mon changement d’itinéraire et je choisis de viser le parc de la yamaska tout aussi beau et de faire le chemin inverse en raccourcissant mon séjour.

La nuit est longue, l’orage gronde toute la nuit, je suis au milieu de la forêt et là je me sens toute petite, alors je prends ma peur à deux mains et j’essaie de trouver le sommeil.

 

3eme jour : Je redescends dans la campagne vers le Parc de la Yamaska

 

Le lendemain matin, je suis bien vivante, l’orage a laissé place au soleil, il fait un peu plus frais à l’intérieur du parc.
Aprés un bon petit déjeuner, je repars tranquillou du parc, je passe à nouveau prés du lac Orford pour l’admirer.

 

canoe lac orford route quebec

canoe prés du lac Orford

 

Guillaume a réservé mon emplacement au parc de la yamaska, je suis sereine, c’est bon d’avoir du soutien ; je repars en direction de Waterloo.
Dans le sens inverse, il y a pas mal de côte, à chaque descente, je les vois se dessiner au loin et finalement c’est moins pire que ce que je m’imaginais, je dois quand même  un peu pousser le vélo ;  je reviens méditer sur les coups de pédale et ça m’aide à progresser.

La journée est belle, la piste cyclable « La campagnarde » à partir de Waterloo vers le parc yamaska est juste trop belle, c’est vraiment un beau coup de cœur.

 

piste cyclable entre waterloo et le parc de la yamaska

Piste cyclable « la campagnarde » entre Waterloo et le parc de la Yamaska

 

Il n’y a pas beaucoup de monde, et c’est le calme, même si je croise quelques petites routes.
La piste se poursuit au parc de la Yamaska et je traverse pendant 5 bons kilomètres une grande partie du parc, je suis au milieu de la forêt, il n’y a pas beaucoup de dénivelé, je conseille tellement cet itinéraire.

 

entrée d'accueil du parc de la yamaska piste cylcable

Entrée du parc de la Yamaska

 

Et en fait je ne m’ennuie pas, il y a toujours quelque chose à observer, ce petit oiseau qui chante, un pont de bois ou une magnifique rivière, j’ai déjà dit que c’était beau non ?

 

riviere parc yamaska

Petite rivière magnifique au cœur du parc.

 

Je pense à la baignade et au soleil, ça finis de m’accompagner jusqu’à mon emplacement vraiment proche de l’eau. C’est la dernière ligne droite avant d’arriver au camping.

 

barrage choiniere parc de la yamaska ciel bleu chemin

Barrage réservoir Choiniére – derniére ligne droit avant d’arriver à l’accueil du parc

 

Et là, franchement, je n’ai qu’une seule hâte mettre les pieds dans l’eau et profiter, un genre de petit portland quoi.
A l’arrivée, je m’installe il est 16h, je profite de ce moment de paix, j’installe ma tente et je pars mettre mes pieds dans l’eau.
Je me balade dans le parc et il y a pas mal d’accès à l’eau à l’abri des touristes et ça c’est top.

Si je devais conseiller un seul endroit pour venir faire du vélo ce serait le parc de la Yamaska au complet.

Une sieste s’impose, c’est le pied, j’ai le cœur léger.

 

reservoir chauniere yamaska cailloux ciel bleu

Je peux enfin me reposer et mettre tout simplement les pieds dans l’eau. On est pas bien là?

 

4éme jour : Un retour tranquille, le cœur léger

 

C’est le moment du retour, un petit déjeuner remplis de beurre d’arachide et d’avoine, et c’est reparti ; je suis plus organisée, niveau rangement.
A la sortie du parc, une petite biche m’observe, il n’y a pas un bruit, je m’arrête, la regarde puis je repars.

Je reprends la piste cyclable, elle me ramène à Saint Jean en passant par Granby, je n’ai qu’à suivre les directions, c’est assez facile et bien indiqué. Il y a pas mal de cyclistes à la journée qui se balade, il y a aussi de longues lignes droite où il n’y a personne.

Il fait chaud, j’en profite pour recueillir un brin d’ombre par ci par la.

 

ombre piste cyclable chemin

 

Je m’arrête ramasser des pommes sauvages, il y en a tous le long, et c’est rafraichissant , je pédale tranquillement et j’arrive en début d’après midi à Saint Jean.

Mon regard sur les choses qui m’entourent a considérablement changé en 4 jours.
4 jours pour faire une pause, 4 jours pour revenir à l’essentiel dans mes besoins les plus basiques : manger, me laver, dormir, et auxquels je ne faisais plus attention au quotidien.

Finalement, ce que je retiens c’est il n’y a pas besoin d’aller bien loin pour faire une expérience extraordinaire et revenir à l’essentiel du quotidien.

Mon coup de cœur du voyage : C’est dur de choisir mais je dirais l’estriade, la piste cyclable que j’ai prise entre Bromont et Waterloo.

Ce que j’ai appris : à méditer sur mes coups de pédale, à me faire confiance et voir que je pouvais y arriver, à m’auto rassurer.
J’ai aussi appris à évaluer le poids de la nourriture pour mon prochain voyage et de m’entrainer un peu plus à l’avance pour un voyage plus long.

Ce que je conseilleLe site Warmshower qui favorise la rencontre et l’entraide entre cyclistes et les trois pistes cyclables que j’ai emprunté.
Les emplacements réservés au cyclistes dans les parc sont sympathiques, seulement il n’est pas possible d’assurer la place avant d’y arriver, mais au mont Orford en plein mois d’août, j’étais la seule cycliste dans ces emplacements.

C’était mon premier voyage à vélo, et c’était une belle expérience de le faire au Québec, je me suis toujours sentie en sécurité,  on peut faire des distances un peu plus longue qu’à pied, et on peut aller où on veut, quelle liberté, je me suis éclatée.
Tout ça, pour dire, qu’ il est possible sur quelques jours avec la base de matériel et un peu de débrouille de pouvoir expérimenter une autre façon de voyager sans dépenser un budget de malade.
Je vous laisse avec deux petites fiches qui résument ma préparation, avec mes critères qui étaient : me débrouiller, rencontrer et un mini budget.

fiche bons plans voyage a velobon plans voyage a velo équipement general

velo voyage carte sacoche

mon fidéle compagnon de route préféré

 

Je ne peux que te conseiller d’en faire l’expérience si tu ne l’as jamais fait, n’hésites pas à m’écrire si tu veux plus de détails.

 

Fais moi partager en commentaire ce que un de tes voyages t’as appris.